Gdustyl, et vous ?

Aujourd’hui, on découvre la boutique ‘Gdustyl, c’est le mien’, l’une des boutiques éphémères installées dans le quartier Danube, dans le XIXe arrondissement de Paris. Cette boutique vend des créations réalisées par des femmes africaines, regroupées au sein de la coopérative ‘Challenger’. Rokhaya, à l’origine du projet, a répondu à quelques-unes de nos questions.

D’où avez-vous eu l’idée de la coopérative ‘Challenger’ ?

Tout a commencé en 2013 lorsque nous avons créé une association qui s’appelle APIMIG (Association pour la Promotion et l’Intégration des Migrants), qui  accompagne les migrants vers l’emploi. J’ai fait des études dans les sciences sociales, sciences de l’éducation et psychologie interculturelle. Je me suis donc vite rendue compte que les migrants représentaient un sujet très intéressant à aborder, mais je me suis surtout intéressée aux femmes migrantes, entrepreneures, parfois analphabètes…  J’ai décidé de les soutenir et surtout de valoriser leur travail, c’est pourquoi j’ai lancé la coopérative ‘Challenger’.

Que proposez-vous dans votre boutique ?

Nous proposons des bijoux et des habits africains, ainsi que du linge de maison et du tissu wax. Tous les articles sont réalisés par des femmes-entrepreneures.

Qui sont les créateurs ?

Plusieurs créatrices sont regroupées dans cette boutique. Les colliers, par exemple, ce sont mes créations. Mais comme on ne trouve pas le matériel en France pour les réaliser, j’envoie mes dessins à des femmes au Sénégal qui les fabriquent. Finalement, l’objectif est de créer des objets en lien avec les goûts européens, et des les faire fabriquer par des femmes migrantes ou résidant dans des pays africains, tout en gardant la logique du travail de coopérative.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir cette boutique ?

Pendant mes études, j’étais déjà très impliquée dans la mode et l’art. J’ai fait de la création de bijoux, du stylisme, j’ai dessiné moi-même des modèles de vêtements. Puis j’ai décidé de créer ‘Challenger’, pour regrouper des femmes passionnées qui portent des projets créatifs en lien avec l’Afrique. L’idée était de porter un projet à plusieurs, de se nourrir des idées de chacune et de vendre le fruit de nos créations dans une boutique. Cela permettait également de déconstruire les stéréotypes sur les femmes africaines et de contribuer à la médiation culturelle sur les talents africains. Aujourd’hui, grâce à la coopérative ‘Challenger’ et à la boutique ‘Gdustyle, c’est le mien’, je suis convaincue que je peux vivre de mon hobby.

Pourquoi vous êtes-vous installée dans ce quartier ?

Nous n’avions pas de quartier de prédilection au départ. Nous avons été informées du projet ‘Boutiques éphémères’ de la mairie du XIXe, qui offrait à un commerçant un local vide à titre gratuit (à l’exception des charges). Ce modèle nous convenait car il permettait de vérifier notre concept sans prendre trop de risques financiers. Nous sommes dans ce local jusqu’au 8 septembre, ce qui nous laisse suffisamment de temps pour donner plus de visibilité à notre projet de coopérative.

Qui sont vos clients ?

Nous sommes dans cette boutique éphémère depuis peu de temps donc les habitants n’ont pas encore pu la repérer. D’autant plus que le local est une ancienne banque qui n’a pas été rénovée et qui ne dispose pas de vitrine, il faut donc trouver un aménagement qui convienne. Mais notre boutique est ouverte à tous les âges, à toutes les nationalités et à tous les goûts !

Gdustyl,7 avenue de la Porte Brunet Paris 19e – du lundi au samedi 11h – 19h (jusqu’au 8 septembre 2017)

 

VitrineGdustyle6Gdustyle5Gdustyle4Gdustyl2Gdustyle1Gdustyle3