Sophie Dupont Antiquités, la brocante du Village Ramey

En passant à l’angle de la rue Ramey et de l’impasse Pers, de beaux objets d’une autre époque nous font de l’œil. Sophie Dupont, propriétaire des lieux, nous y accueille et nous raconte l’histoire de sa boutique brocante.

 

 Présentez-nous votre commerce et son histoire

Je suis antiquaire brocanteur depuis 32 ans. Au départ, je faisais tous les salons d’antiquaires mais je n’ai pas continué. Depuis une dizaine d’années, je suis davantage en magasin. Ma boutique contient beaucoup de marchandises styles 18ème et 19ème siècle, des petits meubles, des objets et bibelots ainsi que du linge, des broderies…

J’ai une forte clientèle fidèle qui vient chercher de la belle verrerie, des bibelots, des lampes et du linge de maison, le tout avec un accueil personnalisé !

 

D’où vous est venue cette passion pour les objets anciens et la brocante ?

J’ai eu envie de faire ce métier lorsque j’avais une vingtaine d’année. A l’origine, je me destinais à être décoratrice d’intérieure mais finalement, je suis tombée dans l’univers de la brocante parce que j’aimais beaucoup le contact avec les autres  et le commerce. Je suis vraiment partie de rien, je me suis lancée dans l’aventure avec quelques objets venant d’une ruine familiale et j’ai dû me battre pour y arriver. Heureusement, ce travail a porté ses fruits !

J’aime beaucoup le fait d’acheter des objets anciens appartenant à d’autres, de sélectionner des pièces dont les gens vont tomber amoureux en magasin. J’ai un peu un rôle de « passeur ».

Et étrangement, chez moi, il n’y a pas d’objets anciens. Tout est très zen, moderne et sobre.

 

D’où proviennent vos marchandises ?

Je n’achète qu’à des particuliers. Par exemple, auprès de jeunes retraités qui quittent Paris pour la province ou lors de successions. Les successeurs se retrouvent souvent avec une maison entière d’objets dont ils ne savent pas quoi faire et dans ces cas là ils me contactent. Comme cela fait de nombreuses années que je fais ça, ils ont confiance et j’ai une bonne réputation. Je me rends donc, sur rendez-vous, dans la maison en question et je fais mon choix. Je sélectionne les objets qui me plaisent et qui vont potentiellement plaire à ma clientèle. Puis, je m’occupe de tout le processus de nettoyage, de mise en vitrine et de mise en valeur surtout. Par ailleurs, je tiens à préciser que je n’achète pas à un marchand, je n’achète pas en salle. Et, je ne fais pas de dépôt-vente non plus.

 

Qu’est-ce qui caractérise votre clientèle  ?

C’est une clientèle très fidèle qui vient principalement du quartier, souvent de la rue Ramey. Mais on a aussi des gens de passage qui découvrent le magasin par hasard. On se fait beaucoup connaître grâce au bouche à oreille.

 

Pourquoi avoir choisi ce quartier pour ouvrir votre boutique ?

Je suis arrivée dans cette rue par hasard. Je cherchais une boutique et une amie qui cherchait un appartement au même moment a arpenté tous les quartiers et m’a parlé de cette boutique libre qui se trouvait dans le 18ème. Je ne connaissais pas le quartier, ni Montmartre. J’ai alors découvert un quartier où il y a une vraie vie de village, une vraie entente entre les commerçants et avec les habitants. Il y a un lien immuable qui se crée entre les gens dans notre « village Ramey ».

 

Quel est selon vous le rôle du commerce de proximité ?

A mon avis, c’est indispensable. Ces dernières années, nous avions perdu cette proximité client-vendeur, en raison de l’apparition des grandes surfaces, des centres commerciaux, et des achats en ligne. Les gens se sont laissés enfermer dans ce concept là et c’est dommage.

Je constate que les gens apprécient le contact, les conseils, mais aussi de pouvoir toucher et voir la marchandise. Par ailleurs, étant un commerce de proximité non indispensable comme une épicerie ou une boulangerie, je vends du superflu et du bonheur.

Dans le 18ème, les habitants soutiennent vraiment leurs commerces de proximité et je le ressens. Ça fait 29 ans que je suis installée rue Ramey et je l’ai vue évoluer et renaître. Les habitants du quartier sont définitivement attachés à cette valeur de commerce de proximité.

 

> Sophie Dupont Antiquités, 49 rue Ramey, Paris 18e